HIER ET AUJOURD’HUI, EN IRAN

En 1979, j’avais vingt ans.

J’étais étudiant à l’école d’architecture de Toulouse. A l’époque, en vertu des accords franco-iraniens, de nombreux étudiantes et étudiants iraniens suivaient leurs études supérieures en France, et l’école d’archi de Toulouse ne faisait pas exception.

Lorsque la révolution en Iran a éclaté, que des foules dans les rues ont réclamé le départ du Shah, autocrate mis en place par la CIA après le coup d’état contre Mossadegh en 1953, nous, étudiants français, avons suivi au jour le jour les évènements avec nos camarades iraniens, l’oreille collée au poste de radio.

Nous avons partagé leur joie, lors de la fuite du Shah, en janvier. Grandes étaient leurs espérances, multiples étaient leurs projets. Toutes et tous voulaient retourner dans leur pays, participer à la construction d’un régime laïc, pluraliste et démocratique. Mêmes si issus de familles bourgeoises, elles et ils étaient majoritairement de gauche, de tendance marxiste, socialistes, communistes, ou simplement libéraux. A ma connaissance, d’ailleurs, aucun n’est resté en France.

La figure de Khomeini les inquiétait, ils espéraient pourtant que son retour en Iran servirait à maintenir l’unité du peuple dans son projet d’émancipation.

Bien sûr, tout le monde connaît la suite : l’instauration d’un régime théocratique ultra-répressif, la crise des otages américains, la terrible guerre Iran-Irak (celui-ci soutenu à l’époque par les puissances occidentales) et son million de morts, les manifestations massives et sauvagement réprimées de 2009 et de 2022, suite à l’assassinat de Mahsa Amini…

Aujourd’hui, nous ne pouvons qu’être aux côtés du peuple iranien, engagé dans une épreuve de force exceptionnelle avec le régime, pour une vie digne et pour la liberté. Nous devons dénoncer avec vigueur la répression sanglante d’un pouvoir dictatorial.

D’un autre côté, malheureusement et comme toujours, des forces réactionnaires essaient de profiter de la situation : entendre Trump menacer de bombarder à nouveau le pays, voir le génocidaire Netanyahou envisager avec gourmandise la destruction de son ennemi principal, observer les manœuvres opportunistes du fils du Shah cherchant à s’imposer comme recours en cas de chute de la République Islamique… tout cela doit nous alarmer, nous inquiéter, rappelons-nous les espoirs fracassés de 1979…

Le but de ces puissances impérialistes ou rétrogrades n’a rien de bienveillant, il ne porte aucun projet d’émancipation, d’égalité et de liberté, il ne vise qu’à restaurer une dynastie déchue et une autre oppression du peuple.

Vive le peuple iranien, soutenu par les peuples du monde entier, organisé de manière autonome et indépendante, choisissant lui-même ses représentants ! Vive sa lutte courageuse pour se libérer de la tyrannie !

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