En 2026, dans l’Aude comme partout en France, nous célébrons le 80ème anniversaire de la Sécurité Sociale.

Le Vendredi 30 Janvier, à Quillan, Médecins du Monde a organisé une projection du film « La Sociale » suivie d’un débat très intéressant. Le 19 Février prochain (voir notre agenda) la CGT invite à voir à Limoux le même film, une réunion-débat suivra également.

Le film documentaire « La Sociale » a été réalisé par Gilles Perret en 2016. Au travers de nombreuses images d’archives et d’entretiens avec des syndicalistes, des historiens, des témoins de l’époque, il présente l’immense intérêt de mettre en lumière le rôle fondamental d’Ambroise Croizat.

Ministre communiste du Travail de fin 1945 à mai 1947, d’origine ouvrière, syndicaliste emprisonné pendant la guerre, il fut le véritable créateur de la Sécurité Sociale, en coopération avec le haut fonctionnaire Pierre Laroque.

Un excellent film, émouvant (voir le témoignage de la fille d’Ambroise Croizat), instructif, pédagogique, drôle aussi (ne pas manquer l’interview en même temps hilarante et consternante de François Rebsamen, ministre sous Hollande… et Macron).

La Sécurité Sociale, dont la création était prévue dans le programme du Conseil National de la Résistance (dit « Les Jours Heureux ») a représenté une révolution à double titre : tout d’abord, en assurant les principaux risques de la vie (santé, famille, maternité, vieillesse)elle a permis des progrès considérables pour les français, suivant le principe « chacune et chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins » ; en second lieu, en organisant une gestion démocratique des caisses par les assurés eux-mêmes, en majorité par les travailleurs salariés organisés en syndicats représentatifs.

Mais, depuis 40 ans, les gouvernements qui se sont succédés ont appliqué des politiques néo-libérales remettant en cause pas à pas les avancées de la Sécurité Sociale. Pour en arriver à la situation actuelle, avec les déserts médicaux qui s’étendent, le taux de mortalité infantile qui s’accroît, les difficultés d’accès aux soins des personnes précaires ou étrangères, etc…

Et pourtant, il est possible, et même nécessaire, de retrouver l’esprit de 1945, d’approfondir la Sécurité Sociale en élargissant son périmètre. Et cela permettrait de faire des économies !

Par exemple, en 2021, un rapport du Haut Conseil sur l’avenir de l’assurance maladie a estimé l’impact de l’extension de la Sécurité sociale aux dépens des complémentaires santé. L’augmentation des prélèvements obligatoires serait plus que compensée par la réduction des cotisations versées aux complémentaires santé. L’économie a été estimée à 5,4 milliards d’euros par an. Contrairement aux idées reçues, la gestion publique permettrait de réaliser des économies de grande ampleur tout en facilitant l’accès aux soins (source : https://lvsl.fr/le-paradoxe-de-la-securite-sociale-et-si-pour-faire-des-economies-il-fallait-letendre/).

Une Sécurité Sociale de l’Alimentation serait particulièrement intéressante pour lutter contre la précarité alimentaire, améliorer le régime alimentaire des français, éviter ainsi un grand nombre de maladies chroniques, et donc in fine

dégager des économies importantes.

Une sécurité sociale professionnelle, comme le propose La France Insoumise dans son programme, couvrirait les risques de la carrière en assurant la continuité des droits personnels (à la formation, aux congés, à l’ancienneté…) hors du contrat de travail, et les transférer d’un contrat à l’autre.

80 ans après, par une rupture franche et profonde avec les politiques néo-libérales, retrouvons, tous ensemble, Les Jours Heureux…

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